Le panafricanisme n’est pas une doctrine militaire. La martialisation actuelle de l’idée panafricaine est une impasse historique. Si elle semble répondre aux urgences sécuritaires et de souveraineté, la force ne peut demeurer un modèle d’alternance reproductible à l’infini. En adoptant la rupture par les armes, le panafricanisme contemporain s’est éloigné de la tradition doctrinale de ses pères fondateurs. Pour Nkrumah, Lumumba ou Du Bois, le panafricanisme était un projet de puissance civile, bâti par la bataille intellectuelle, l’organisation partisane et la conquête démocratique. Aujourd’hui, ce « schisme méthodologique » entre les époques marque l’effondrement des piliers du panafricanisme et menace le mouvement de mort intellectuelle.
Après dix années d’engagement militant, Seth Moché KANLINSOU propose une introspection radicale. Loin du confort des discours convenus, il dissèque les mécanismes de ce bouleversement au travers de questionnements profondes. Est-il possible de renouer avec les préceptes originels tout en relevant les défis actuels du continent ? Comment transformer le panafricanisme, d’un réflexe de survie militaire, en un projet de gouvernance souveraine et démocratique ?
Souveraineté Interdite n’est pas un constat de défaite. C’est un manifeste pour une réforme doctrinale urgente, une invitation à repenser le panafricanisme comme un projet de puissance civile, institutionnelle et démocratique. Un ouvrage essentiel pour comprendre le tournant décisif que traverse l’Afrique aujourd’hui.
Intellectuel béninois, Seth Moché Kanlinsou est spécialiste en Histoire des Relations Internationales.



























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